Parfois, j'essaie de savoir ce qu'un non pédophile pense de nous, les pédophiles. Certes, je sais ce qu'il dit de nous, mais ce qu'il pense, je ne le sais pas vraiment. Ça dépend des non pédophiles sûrement.
Première phase : la non-pédophilie
Par contre, j'ai déjà été non pédophile au cours de mon adolescence en quelque sorte, car je refoulais très profondément ma pédophilie. Par exemple, j'ai fait un rêve ou je sortais avec une très jeune fille, au cours du secondaire, et quand je me suis réveillé, le simple fait de l'avoir embrassé m'avait provoqué une érection. Mais dans mon conscient, une fois éveillé, jamais je ne pensais à ma pédophilie refoulée, jamais je ne regardais les jeunes filles et jamais je ne faisais référence aux quelques rêves que j'avais eus...
Je me souviens que quand quelqu'un parlait de pédophilie, je disais la même chose que lui à peu près : "Il faut tous les enfermer et même les torturer", "Ce sont des monstres", etc. Mais mis à part les fois ou quelqu'un m'en parlait, j'y pensais rarement tout seul. Lorsque je disais des méchancetés contre les pédophiles, je le faisais sans vraiment réfléchir, car pour moi, c'était "évident" qu'un pédophile était mauvais, comme un tueur en série l'est. Avoir une pulsion sexuelle vers les enfants représentait pour moi la même chose qu'une pulsion meurtrière : le mal. Jamais je ne remettais en cause le bien fondé de ma pensée, car c'était vraiment clair pour moi. Et c'est peut-être à cause de cela qu'aussi, jamais je me souvenais de mes rêves, ou du moins, je ne m'en rappelais par au moment ou je parlais contre tous les pédophiles.
Aussi, parfois, pour me rendre intéressant, j'abordais le sujet de pédophilie et insultant les pédophiles d'abord, quand par exemple j'avais entendu dans les médias des cas horribles d’enfants violés. Je me souviens que je ressentais de la colère et du mépris face à ces cas, et tellement, que juste les pédophiles malsains ne suffisaient pas à éteindre cette colère : il fallait que je généralise et que j'en arrive à détester tous les pédophiles non pas uniquement pour leurs actes, mais pour leurs pulsions sexuelles. Le pédophile qui avait violé (selon les médias), il était mauvais, méchant pour moi, et il fallait que tout de lui soit mauvais, y compris son attirance, tout mauvais, car il était le mal absolu, la pire chose qu'on puisse faire. Donc, les personnes qui avaient des attirances sexuelles vers les enfants étaient mauvaises aussi et même celles ne passant jamais à l’acte. (C’était mon raisonnement à l'époque je crois, si on peut appeler cela un raisonnement :-)
Ces croyances du viol comme le pire crime (et non le meurtre), je l'avais surtout lors des discussions avec les autres, lorsque tout le monde s'emportait et laissait sa raison de côté pour parler de la pédophilie. C'est un peu par moi-même que je détestais les pédophiles, mais aussi, dans les hurlements de la foule, j'embarquais avec les autres : à plusieurs, nous avions plus raison. Aussi, c'était une occasion en or, lorsqu'on détestait, de se gratifier soi-même, car aucun de nous étions pédophiles et malgré tous nos défauts, on avait plus faible que soi à mépriser, on avait pire que soi, on détenait le bien dans nos mains et on faisait le bien en s'attaquant aux pédophiles. Et avoir cette impression d'être du même côté pour une fois, de savoir ce qu'était le mal, et de le combattre, c'était intéressant, car qui ne veut pas faire de bien dans sa vie ?
Bien sur, mes rêves, je les oubliais et je me demande bien pourquoi...
C'est un peu cela qui résume ma phase "non pédophile" en quelque sorte ou "pédophile très refoulé".
Seconde phase : la transition
Plus tard, vers la fin de mon adolescence, je suis tombé amoureux d'une jeune fille préadolescente. Jamais cet amour ne s'est épanoui et j'en ai souffert un bon coup. Ça m'a pris même un certain temps à m'en remettre.
Elle était plus jeune que moi, et pourtant, j'étais amoureux. Mais par contre, je reniais mon attirance et qualifiais mon amour d'amour pur sans attirance. J'adorais sa personnalité toute pleine de vie et de bonne humeur, d'optimisme et de débrouillardise, sa franchise et également son côté gentil et attentionné avec moi. C'est tout juste si je ne m'évanouissais pas d'amour en sa présence :-) Mon coeur voulait lâcher, chaque jours, où je ne rêvais que de elle...
Mon point de vue face aux relations amoureuses "pédophiles" s'était modifié. Je me suis mis des conditions : "On a le droit d'aimer une personne en bas de l'adolescence, mais on n'a pas le droit d'être attiré" --> "On peut aimer un homme sans être homosexuel, alors, on peut aimer une jeune fille sans être pédophile."
En ce qui a trait de l'amour, je crois encore aujourd'hui qu'il ne dépend pas de notre attirance, ou qu'il en dépend un peu, mais qu'il est possible de tomber amoureux d'une personne en dehors de la "catégorie" qui nous attire ou plutôt la catégorie à laquelle on identifie son attirance et à laquelle on fait tout pour rester fidèle, celle qu'on choisit.
Lorsque j'ai commencé à admettre mon attirance, cette fille était adolescente et donc, j'étais «correct» selon moi à l'époque : je n'étais pas pédophile et j'avais été amoureux pour de vrai.
C'est en l'imaginant plus jeune progressivement que je me suis rendu compte plus tard que j'étais attiré quand même, que mon attirance amoureuse pouvait inclure une attirance sexuelle, que sa beauté n'était pas seulement "cute" à mes yeux, mais aussi "attirante", ...
La troisième phase : la pédophilie consciente
Maintenant, j'en suis à ma troisième phase, ma pédophilie consciente dont j’ai eu de la misère à m’adapter dans les débuts...
Beaucoup de préjugés ont tombé depuis que par l'amour, j'ai pris conscience de ma pédophilie. Sans cet amour à sens unique auquel j'ai reproché de m'avoir fait souffrir, auquel je me suis reproché d'avoir attendu trop longtemps avant d'accepter l'impossibilité, sans cet amour, je serais sûrement aujourd'hui à vous cracher dessus, avec tous les autres anti-pédophiles. J'aurais oublié mes rêves et j'en serais au stade premier.
Le pire dans tout ça, c'est que dans les anti-pédophiles qui nous frappent le plus possible, il y a certains qui sont pédophiles inconscients aussi comme je l’ai été et qui n'ont pas eu la chance de prendre conscience de leur propre pédophilie parce qu'il est presque impossible de réfléchir dans les bruits d'une foule ivre de haine et encore moins possible de s'admettre consciemment sa vraie orientation quand on sait le sort qui nous sera réservé, et aussi, parce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de perdre leur bouteille de haine et pour un moment, être dans un état sobre pour bien juger et faire une introspection honnête. Ou bien, peut-être que certains, tout en sachant leur propre pédophilie, en ayant pris conscience, préfèrent se rallier à la majorité, histoire de mieux vivre et de dissiper les doutes.
Certes, je n'aime aucunement me faire frapper dessus par les anti-pédophiles, mais je préfère cela à l'inconscience. Je méprise parfois les anti-pédophiles qui frappent tout le monde dans le même sac sans réfléchir, mais je me demande comment je serais aujourd'hui, si ça n'était de cette fille dont je suis tombé amoureux, cette personnalité un peu enfantine qui m'attirait tant, son côté enfantin ne me déplaisant aucunement, au contraire : il était tout à fait charmant et mignon. Je me demande si mon esprit serait ouvert ou si tout simplement, je ne me serais pas arrêté à y penser, comme bien des gens.
Heureusement, je sais maintenant que les pédophiles ne sont pas tous des monstres et que ce n’est pas tous les pédophiles qui ont des relations sexuelles avec des enfants. Je sais que ce qui m’attire physiquement c’est la beauté extérieure qui ne se résume pas à une paire de seins et ce qui m’attire psychologiquement c’est la beauté intérieure qui ne se résume pas à une seizième bougie (ou plus) sur son gâteau d’anniversaire. Et par-dessus tout, je sais qu’un pédophile peut tomber amoureux pour de vrai et tout faire pour respecter l’autre personne le plus possible, je le sais car j’ai passé par-là.